Se réconcilier avec son corps après bébé

Se réconcilier avec son corps après l’arrivée de bébé

Tout à la joie de câliner leur enfant, les jeunes mamans en oublient parfois de s’occuper d’elles. Si la plupart avouent ne pas avoir le temps de prendre soin d’elles dans les premières semaines suivant l’accouchement, toutes en revanche ont hâte de retrouver leur corps d’avant la grossesse.

Dans les semaines suivant l’accouchement, la plupart des mamans se consacrent corps et âme à leur nourrisson. Leur quotidien est alors rythmé par les soins, les biberons et l’affection prodigués à leur tout-petit. Mais il leur faut aussi se réapproprier un corps qui est en pleine transformation, un corps qui n’est plus celui de la grossesse et pas encore celui d’avant. Certaines femmes éprouvent parfois la nostalgie de ce ventre rond, qui abritait un petit être en devenir :
« Etre enceinte signifie être femme au sens plein du terme. Avec la naissance du bébé, survient aussi la première séparation », analyse le Dr Catherine Bensaïd, psychothérapeute*.

Accepter de penser à soi

Modification du galbe des seins, ventre rond, plaques de cellulite, rétention d’eau, vergetures, chute de cheveux… Les jeunes mamans s’inquiètent volontiers de l’empreinte de la grossesse sur leur corps. D’autant qu’elles savent bien que ces petits désagréments ne s’envolent pas du jour au lendemain ! Laeticia, 42 ans, a pris 17 kilos durant sa grossesse. Maman d’une petite Agathe âgée de 3 mois et demi, elle a perdu ses premiers dix kilos à la faveur de l’accouchement :
« Depuis, j’ai du mal à maigrir. J’allaite mon bébé et j’ai beaucoup d’appétit. Le pire est que je ne me prive de rien. J’ai conscience que c’est purement psychologique, mais lorsque je mange, j’ai l’impression d’être moins affaiblie. Je démarrerai vraiment un régime que lorsque je ne donnerai plus le sein à mon bébé. En attendant, je fais un peu de gym ».

La plupart des femmes avouent qu’après la naissance de bébé, elles se sentent davantage mère que femme et d’ailleurs, elles le vivent plutôt bien.
« Ce premier temps entièrement consacré au nouveau-né me paraît tout à fait normal, affirme Catherine Bensaïd. Mais il est important que les mamans prennent ensuite du temps pour elles-mêmes sans culpabilité aucune. Ce n’est pas parce que l’on affiche un souci de soi que l’on est une mère indigne. A l’inverse, une femme qui ne vivrait plus que pour son enfant serait pour le moins inquiétante ».

Une nouvelle identité corporelle

Claire, 26 ans, maman de Léa, 5 mois et demi, a du patienter deux mois avant de pouvoir remuscler ses abdominaux : « Mon corps était un peu déformé par l’accouchement par césarienne. Dans les premiers mois, il était totalement à la disposition de mon enfant. C’était parfois très frustrant, même si j’adore mon bébé. De temps en temps, je profitais de la présence de mon mari pour m’éclipser chez l’esthéticienne pour un soin du visage et une épilation ».

Dans la plupart des cas, les jeunes mamans se reconstituent peu à peu une identité corporelle et chouchoutent ce corps qui leur a permis de donner la vie. D’autres acceptent en revanche difficilement ces modifications corporelles.
« La naissance d’un enfant réveille parfois des problèmes psychologiques enfouis, par exemple, un rapport au corps particulièrement douloureux.
Pour d’autres, l’identification à l’image maternelle pose problème :  leur mère a eu un corps modifié, voire abîmé par une ou plusieurs grossesses et elles craignent de reproduire ce schéma ».

Enfin, le regard des autres posé sur un corps qui porte encore l’empreinte de la grossesse s’avère parfois pesant. « Pendant toute la durée de l’allaitement, je n’ai pas perdu un seul gramme, confie Claire. Ma soeur m’a fait remarquer à plusieurs reprises que je portais encore mes vêtements de grossesse. Charmant ! Les médias véhiculent une image de femme tellement parfaite que si l’on n’a pas retrouvé sa taille habituelle deux mois après la naissance, les critiques fusent de toutes parts ». Heureusement que la joie d’être maman l’emporte !

Christine Angiolini

* Auteur de « Je t’aime la vie », Editions Robert Laffont

Source : http://www.doctissimo.fr/html/grossesse/mag_2003/0314/gr_6559_corps_post_grossesse.htm

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