Des maisons de naissance pour un accouchement respecté

Après plusieurs rebondissements, les maisons de naissance seront bel et bien expérimentées en France .
Frédérique Teurnier, présidente du Collège National des Sages-Femmes nous aide à faire le point sur ces établissements qui promettent un suivi de grossesse plus respectueux de la femme enceinte.

Qu’est ce qu’une maison de naissance ?

Une maison de naissance est une structure qui n’a pas le statut d’établissement de santé. Elle a pour but d’accueillir les femmes enceintes dans des conditions moins médicalisées que les hôpitaux ou les cliniques.

Elles sont plus respectueuses de la physiologie (la femme enceinte et son environnement), tout en garantissant aux femmes enceintes un cadre sécurisé.  Selon l’article 40 du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2010, les maisons de naissances doivent disposer d’une convention avec les services mobiles d’urgence et avec un établissement de santé à proximité immédiate disposant d’une maternité.

« Les maisons de naissance sont des lieux dédiés où la femme enceinte est prise en charge par la sage-femme de son choix qui la suit tout au long de sa grossesse.

Ce sont des lieux de naissance, mais également de consultation, de préparation à l’accouchement et d’accompagnement », explique Frédérique Teurnier, présidente du Collège National des Sages-Femmes.
Leur avantage : offrir aux futures mères un suivi réellement personnalisé, contrairement aux cliniques et hôpitaux où la prise en charge est assurée par l’équipe de garde.

Pour qui ?

Les maisons de naissance sont des lieux d’accueil pour les femmes volontaires dont la grossesse ne présente aucun risque identifié et dont l’accouchement ne nécessite à priori aucune intervention médicale (c’est-à-dire la majorité des femmes).

A leurs détracteurs, qui mettent en avant les risques potentiels du manque d’infrastructures de santé, Frédérique Teurnier répond : « Une maison de naissance devra signer une convention avec une maternité attenante (et inversement) En cas de problème, la femme enceinte y sera alors immédiatement transférée. »

 

Une alternative sûre à l’accouchement à domicile ?

Face à la surmédicalisation de l’accouchement, de plus en plus de femmes seraient tentées par l’accouchement à domicile. Une pratique qui comporte des risques comme le rappelle Frédérique Teurnier : « Comme beaucoup de sages-femmes sont réticentes à réaliser l’accouchement à domicile car elles ne sont pas en accord avec cette pratique et qu’elles ne sont pas assurées, les femmes vont jusqu’à accoucher toutes seules chez elles ! Jusqu’à présent, il existait peu de solutions intermédiaires et cela pénalisait tout le monde ! »

Quelle expérience des maisons de naissance à l’étranger ?

La première maison de naissance a ouvert ses portes à New-York en 1975. Aujourd’hui, il en existe plus d’une centaine aux Etats-Unis. Puis, l’Europe a suivi avec l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Grande-Bretagne, la Belgique, etc. Dernière région en date à les avoir adopté : le Québec.

Des exemples concluants, porteurs d’espoir pour la France : « Les maisons de naissance à l’étranger fonctionnent très bien et bénéficient aujourd’hui d’une expertise et d’un recul nécessaires » explique Frédérique Teurnier, « il est temps que la France débute cette expérimentation. »

En France, où en est-on ?

Le vaste dossier des maisons de naissance a été ouvert par Roselyne Bachelot dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2011. Un projet qui a d’abord été refusé par le Sénat estimant que la France ne devait pas baisser son niveau d’exigence en matière de sécurité des soins.

Le ministère de la santé a donc relancé le débat en promettant que ces maisons de naissance seraient attenantes à une maternité. L’idée étant d’encadrer les pratiques de naissances naturelles afin d’en éviter les dérives, notamment sectaires. Finalement, l’expérimentation des maisons de naissance en France sera mise en place entre le 1er septembre 2011 et le 1er septembre 2013.

Pourquoi tant de polémiques ?

Si les sages-femmes sont majoritairement pour l’ouverture des maisons de naissance, les obstétriciens sont plus réticents.
« L’obstétrique est encore très médicalisée en France. Or la grossesse est un processus physiologique évolutif (qui peut connaître des complications, mais qui se passe bien la plupart du temps ndlr), ce n’est pas un état risqué en soi » souligne Frédérique Teurnier. « Mais Il faut qu’il soit bien suivi pour détecter et prendre en charge les éventuelles complications.

Les maisons de naissance sont une belle opportunité pour les sages-femmes libérales qui pourront ainsi suivre des grossesses et accoucher leurs patientes dans une structure adaptée. Elles exerceront ainsi leur art de la maïeutique (accouchement) en tout autonomie. C’est également une belle opportunité pour les femmes même si en réalité je pense qu’une minorité de femmes choisiront les maisons de naissance », poursuit-elle.

Budget : quels changements pour les futures mamans ?

Pour les futures mamans, aucun changement significatif à noter… côté budget. Avant l’accouchement, toutes les consultations (suivi, contrôle, surveillance, etc.) réalisées par la sage-femme seront intégralement remboursées par la Sécurité Sociale et éventuellement par la mutuelle.

Une participation de 300 euros sera demandée par la maison de naissance afin de couvrir les frais liés à la location, gaz, électricité, eau, intendance, etc. qui sera, elle aussi, remboursée. Un petit surcoût pour une grande évolution dans la prise en charge de la maternité !

Source : http://www.magicmaman.com/,des-maisons-de-naissance-pour-un-accouchement-respecte,58,1706849.asp

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