Accouchement : l'Hypnose pour maitriser la douleur

De plus en plus de femmes enceintes se tournent vers l’hypnose pour maîtriser la douleur pendant l’accouchement, tout en gardant leur pleine conscience.

Après la sophrologie ou le yoga, de plus en plus de femmes enceintes choisissent l’hypnose pour préparer leur accouchement. Pratiquée à Rennes, Toulouse, Rouen ou Strasbourg, cette technique a été intégrée il y a deux ans à la panoplie de préparations prénatales du CHU Robert Debré, à Paris.

L’équipe de l’unité de traitement de la douleur utilisait déjà l’hypnose depuis plusieurs années. Mais grâce au soutien financier de la fondation Apicil, trois sages-femmes ont pu être formées pendant deux ans à l’Institut français d’hypnose.
« On utilise un phénomène naturel pour réduire les angoisses et la douleur. Les femmes prennent du recul, et vivent mieux cette douleur qui leur paraît d’abord insurmontable.
De plus en plus de patientes sont en demande », explique une des sages-femmes formées, Hèlène Le Cornu.

 

Se détacher de la douleur

Malgré tout, la méthode reste mal connue. Loin de l’image d’Epinal – la fameuse spirale noire et blanche qui endormirait le patient -, l’hypnose en milieu hospitalier s’appuie sur la relaxation, et sur la relation humaine entre soignant et soigné.

« Il s’agit d’accompagner le patient pour lui redonner de l’autonomie », souligne Isabelle Ignace, psychologue à l’hôpital Robert Debré et formatrice. Concrètement, les futures mères acquièrent au cours de séances collectives ou individuelles des techniques simples : respiration, dissociation du corps et de l’esprit, visualisation… Lors de l’accouchement,  elles focaliseront par exemple leur esprit sur un lieu ou une sensation agréable, pour se « détacher » de la douleur. Celle-ci ne disparaît pas, mais elle est mise à distance.

« L’hypnose, c’est comme un muscle de l’imagination », résume Isabelle Ignace. Telle femme imagine ainsi l’accouchement comme un train qui sort d’une gare, telle autre envisage chaque contraction comme une vague qui monte et descend…
Des adeptes des médecines douces aux pures cartésiennes, les mamans qui expérimentent l’hypnoanalgésie affichent des profils variés. Certaines ont une contre-indication de péridurale, d’autres recherchent simplement des outils pour mieux gérer le stress et la douleur. Si les séances de préparation permettent de développer les capacités de chacune, nul besoin d’avoir déjà pratiqué l’hypnose pour y avoir recours le jour J.

Témoignages

Joannie

Joannie a appris une semaine avant son accouchement qu’elle ne pourrait bénéficier de péridurale pour des raisons médicales. « J’étais hospitalisée. J’avais très peur de ne pas avoir de péridurale, je ne connaissais pas du tout ces techniques d’hypnoanalgésie, mais j’ai pu me préparer.
L’équipe de la maternité m’a donné des techniques pour “m’évader”. Et le jour de l’accouchement, je suis partie dans une image de vacances au bord de l’eau, de soleil.
Je ressentais les contractions et la douleur, mais j’étais au-dessus. Je n’avais plus du tout la notion du temps. »

Darina

Cette infirmière ne voulait pas prendre d’analgésique. De son accouchement, elle garde un bon souvenir : « Tout s’est bien passé, ça a vraiment marché. J’étais heureuse, je souriais. On m’a fait partir sur quelque chose que j’aimais, et j’ai pensé à la plage, chez moi. Me centrer sur ce souvenir, cela m’a aidée à faire partir la douleur entre les contractions, et même parfois pendant les contractions. »

Source :http://www.francesoir.fr/actualite/sante/accouchement-l-hypnose-pour-maitriser-douleur-91502.html

Laissez un commentaire