Préféré l'un de ses enfants : les mamans témoignent

Nous vous avons demandé votre avis sur un sujet qui relève presque du tabou : la préférence pour l’un de ses enfants.

Quatre mamans, aux parcours et aux histoires variés, ont accepté de s’exprimer et de nous livrer leur témoignage et leur avis sur la question.

Maryse Vaillant, psychologue clinicienne, revient pour nous sur chacun d’entre eux.

 

« J’éprouvais une terrible culpabilité »

Isabelle , maman de Cloé, 5 ans et Rémi, 3 ans, chargée de communication.

Son blog : www.e-zabel.fr

Depuis quelques temps, j’avais l’impression d’aimer l’un de mes enfants plus que l’autre.
A un moment, j’ai vraiment pensé que je le préférais. Je me rendais compte que je m’inquiétais plus pour le plus jeune, que j’avais souvent envie de le câliner, de le chouchouter. Tandis que mon aînée avait plutôt tendance à m’agacer. Cela m’a fait mal de m’en rendre compte. Il m’a été difficile de me l’avouer, et encore plus d’en parler. Quand je me suis lancée, c’est à une de mes meilleures amies que j’ai raconté mes états d’âme.
Je lui ai expliqué ce que je ressentais, que j’éprouvais une terrible culpabilité. J’ai été surprise puis soulagée lorsqu’elle m’a répondu qu’elle s’était également trouvée dans cette situation. Ne nous sentant plus seules et un peu moins « mauvaises mères », nous avons décidé de chercher une explication. J’en ai parlé à mon psy qui m’a dit que j’étais une mère comme les autres et que l’on n’aime jamais ses enfants de la même manière, ni pour les mêmes raisons. Mon comportement plus protecteur envers mon fils ne veut pas dire que je l’aime plus que ma fille. La différence réside tout simplement dans le fait qu’il soit encore petit et très dépendant. Il est normal de lui consacrer une attention charnelle, plus qu’à ma fille qui devient, elle, un peu autonome, et réclame une attention différente. Tout cela, c’est pour leur bien à tous les deux, car c’est ainsi que l’on commence à couper le cordon, doucement, et que l’enfant n’aura pas à le faire, plus tard, de sa propre initiative.

Maryse Vaillant, psychologue :

Avoir une petite préférence sur le moment pour l’enfant le plus agréable est fréquent. On peut aussi avoir un coup de foudre pour l’un de nos enfants, ce qui le rend souvent agréable. Ou encore, on peut préférer le plus diffi cile ou l’enfant malade, ou celui qui ressemble à notre père, notre amoureux, notre mère, même s’il est difficile à aimer.

« Je les aime tous, mais différemment »

Marie-Louise , 27 ans, mère au foyer, maman de Mathys, 6 ans, Maëlys, 4 ans,

Sidney, 3 ans et Shyness, 1 an, attend son cinquième enfant.

Je ne m’intéresse pas de la même manière à chaque enfant, je les aborde selon leurs âges et caractères. Les miens sont tous différents : mon aîné est plutôt timide et discret, ma cadette, elle, est très calme, peu contrariante. Mon second fils est une vraie tête brûlée et n’a peur de rien. Quant à la dernière née, elle est très capricieuse. Si je ne suis pas plus proche de l’un ou l’autre, j’ai des complicités particulières avec chacun d’entre eux, ce qui me fait dire que je les aime tous différemment. En revanche, je montre à tous le même amour et n’ai pas le sentiment de leur laisser croire que je pourrais avoir une préférence. Je leur consacre à chacun un moment, et ils l’acceptent très bien. Ce sont eux qui réclament des petites sœurs et petits frères, c’est dire s’ils ne manquent pas d’amour ! Parfois, mon mari me dit clairement qu’il a le sentiment que les plus jeunes sont favorisés, que si Mathys, l’aîné, avait fait telle bêtise, il aurait été puni. Je lui réponds alors de remettre les choses dans leur contexte : Mathys est plus grand, il est plus responsable, plus mature, il devrait savoir ce qu’il ne faut pas faire.

Depuis quelques temps, j’avais l’impression d’aimer l’un de mes enfants plus que l’autre. A un moment, j’ai vraiment pensé que je le préférais. Je me rendais compte que je m’inquiétais plus pour le plus jeune, que j’avais souvent envie de le câliner, de le chouchouter. Tandis que mon aînée avait plutôt tendance à m’agacer. Cela m’a fait mal de m’en rendre compte. Il m’a été difficile de me l’avouer, et encore plus d’en parler. Quand je me suis lancée, c’est à une de mes meilleures amies que j’ai raconté mes états d’âme. Je lui ai expliqué ce que je ressentais, que j’éprouvais une terrible culpabilité. J’ai été surprise puis soulagée lorsqu’elle m’a répondu qu’elle s’était également trouvée dans cette situation. Ne nous sentant plus seules et un peu moins « mauvaises mères », nous avons décidé de chercher une explication. J’en ai parlé à mon psy qui m’a dit que j’étais une mère comme les autres et que l’on n’aime jamais ses enfants de la même manière, ni pour les mêmes raisons. Mon comportement plus protecteur envers mon fils ne veut pas dire que je l’aime plus que ma fille. La différence réside tout simplement dans le fait qu’il soit encore petit et très dépendant. Il est normal de lui consacrer une attention charnelle, plus qu’à ma fille qui devient, elle, un peu autonome, et réclame une attention différente. Tout cela, c’est pour leur bien à tous les deux, car c’est ainsi que l’on commence à couper le cordon, doucement, et que l’enfant n’aura pas à le faire, plus tard, de sa propre initiative.

Maryse Vaillant, psychologue :

Chaque enfant appartient à un moment différent de sa vie. L’attachement peut donc varier. Elle a raison de dire qu’elle les aime de manière différente car c’est la plus exacte formule, même pour recouvrir les petites préférences secrètes. Cela montre que l’amour parental n’est pas l’Amour Parental, le monument inébranlable que l’on tend à nous faire croire.

Relation mère-fils, un rapport de séduction

La Mère Joie , 37 ans, maman d’une file de 12 ans et d’un garçon de 30 mois, travaille dans le secteur social. Son blog : http://lamerejoie.com

J’ai eu mon premier enfant à vingt-cinq ans. Lorsque ma fille est née, nous avons été séparées pendant trois jours, durant lesquels seul son père était autorisé à la voir. Je pense que cette séparation n’a pas été sans conséquence sur la relation qui s’est établie avec ma fille. J’ai eu du mal à trouver ma place de mère, et ma fille a développé des rapports très fusionnels avec son père. Lorsque mon fils est arrivé, dix ans plus tard, cela a rétabli l’équilibre. Je n’avais pas la même maturité, j’étais déjà mère et désormais formée en pédagogie et psychologie de l’enfant, ce qui m’a peut-être aidée à partager plus avec lui dès son arrivée au monde. De plus, mon fils a été particulièrement attendu et il est né des suites d’une grossesse à risques très difficile. La relation que j’ai avec lui est particulière du fait qu’il s’agisse d’un garçon. Je ressens un attrait différent, une sorte de rapport amoureux dans lequel on peut parler de séduction. Je pense que l’on retrouve ce rapport particulier dans les relations père-fille, je le vois au sein de mon foyer. Je me suis demandé un instant si je n’aimais pas plus mon fils que ma fille. Après réflexion, je me rends compte que selon les moments, on est plus en phase avec l’un ou l’autre de ses enfants. Les relations évoluent. Alors qu’elles étaient difficiles avec ma fille, la complicité se crée de plus en plus maintenant qu’elle devient une jeune fille. Par ailleurs, les enfants aussi préfèrent à certains moments leur père et à d’autres leur mère. Il est difficile de dire que je ne fais pas de différences car j’ai plus d’exigence avec ma fille qui grandit. Je lui demande forcément plus de choses qu’à mon fils mais je n’ai pas le sentiment que cela soit vécu de manière injuste, ma fille ne s’en est jamais plainte. Je crois qu’elle comprend très bien que cela est lié à leur différence d’âge. Je les aime autant l’un que l’autre et chacun m’apporte un enrichissement singulier.

Depuis quelques temps, j’avais l’impression d’aimer l’un de mes enfants plus que l’autre. A un moment, j’ai vraiment pensé que je le préférais. Je me rendais compte que je m’inquiétais plus pour le plus jeune, que j’avais souvent envie de le câliner, de le chouchouter. Tandis que mon aînée avait plutôt tendance à m’agacer. Cela m’a fait mal de m’en rendre compte. Il m’a été difficile de me l’avouer, et encore plus d’en parler. Quand je me suis lancée, c’est à une de mes meilleures amies que j’ai raconté mes états d’âme. Je lui ai expliqué ce que je ressentais, que j’éprouvais une terrible culpabilité. J’ai été surprise puis soulagée lorsqu’elle m’a répondu qu’elle s’était également trouvée dans cette situation. Ne nous sentant plus seules et un peu moins « mauvaises mères », nous avons décidé de chercher une explication. J’en ai parlé à mon psy qui m’a dit que j’étais une mère comme les autres et que l’on n’aime jamais ses enfants de la même manière, ni pour les mêmes raisons. Mon comportement plus protecteur envers mon fils ne veut pas dire que je l’aime plus que ma fille. La différence réside tout simplement dans le fait qu’il soit encore petit et très dépendant. Il est normal de lui consacrer une attention charnelle, plus qu’à ma fille qui devient, elle, un peu autonome, et réclame une attention différente. Tout cela, c’est pour leur bien à tous les deux, car c’est ainsi que l’on commence à couper le cordon, doucement, et que l’enfant n’aura pas à le faire, plus tard, de sa propre initiative.

Maryse Vaillant, psychologue :

Comme beaucoup de mères de jeunes enfants, avec le fils, ça coule tout seul. La relation à la fille se construit souvent plus difficilement. Mais il arrive aussi que des mères craquent sur l’une de leur fille, sans aimer moins les autres, elles aiment plus l’une d’elles. “Plus” ce n’est pas toujours “mieux” d’ailleurs. Aimer trop un enfant le rend assez captif. D’autres femmes ne réussissent pas à comprendre leurs garçons. C’est une question d’histoire personnelle.

« Je ne voulais pas que mes filles vivent la même chose que moi « 

Marie , 33 ans, actuellement en congé parental, maman de Rachel, 6 ans, Lucie, 4 ans, et Emilie, 8 mois.

Je suis la deuxième d’une famille de six enfants. J’ai toujours été le vilain petit canard. Mes parents étaient présents, mais pas pour moi. Alors que mes frères et sœurs recevaient des cadeaux à leurs anniversaires et à Noël, moi je n’avais rien. Mes parents n’avaient aucune considération pour moi. J’ai longtemps cherché à savoir pourquoi. Aujourd’hui, je n’ai toujours pas de réponse et finalement je crois que je n’en ai plus besoin. De cette « éducation », j’ai beaucoup souffert et ma hantise aujourd’hui est que mes enfants aient le sentiment qu’il puisse y avoir un préféré. Avec mon mari, nous nous employons à faire le maximum pour qu’aucun ne soit lésé, ce qui n’est pas toujours facile car ils n’ont pas le même âge ni besoin de la même attention. J’ai trois filles et forcément, je passe beaucoup de temps avec la petite dernière mais je profite des siestes (et des vacances) pour être avec mes aînées, et le soir reste un moment privilégié pour eux. Lorsque j’étais enceinte de ma deuxième fille, j’avais peur de ne pas être capable de l’aimer comme j’aimais la première. Je n’ai d’abord pas voulu de cet enfant. Mais dès le premier regard échangé avec elle, j’ai su que je l’aimerai autant. Aujourd’hui, j’ai une relation fusionnelle avec elle que je n’explique pas. Peut-être est-ce dû au fait que je n’ai pas été heureuse durant ma grossesse et que je culpabilise d’avoir eu ce sentiment. J’essaie de ne pas faire de différence avec les autres car ce ne serait pas juste, mais il y a probablement une petite préférence, un petit quelque chose que je ne comprends pas bien.

Depuis quelques temps, j’avais l’impression d’aimer l’un de mes enfants plus que l’autre. A un moment, j’ai vraiment pensé que je le préférais. Je me rendais compte que je m’inquiétais plus pour le plus jeune, que j’avais souvent envie de le câliner, de le chouchouter. Tandis que mon aînée avait plutôt tendance à m’agacer. Cela m’a fait mal de m’en rendre compte. Il m’a été difficile de me l’avouer, et encore plus d’en parler. Quand je me suis lancée, c’est à une de mes meilleures amies que j’ai raconté mes états d’âme. Je lui ai expliqué ce que je ressentais, que j’éprouvais une terrible culpabilité. J’ai été surprise puis soulagée lorsqu’elle m’a répondu qu’elle s’était également trouvée dans cette situation. Ne nous sentant plus seules et un peu moins « mauvaises mères », nous avons décidé de chercher une explication. J’en ai parlé à mon psy qui m’a dit que j’étais une mère comme les autres et que l’on n’aime jamais ses enfants de la même manière, ni pour les mêmes raisons. Mon comportement plus protecteur envers mon fils ne veut pas dire que je l’aime plus que ma fille. La différence réside tout simplement dans le fait qu’il soit encore petit et très dépendant. Il est normal de lui consacrer une attention charnelle, plus qu’à ma fille qui devient, elle, un peu autonome, et réclame une attention différente. Tout cela, c’est pour leur bien à tous les deux, car c’est ainsi que l’on commence à couper le cordon, doucement, et que l’enfant n’aura pas à le faire, plus tard, de sa propre initiative.

Maryse Vaillant, psychologue :

Bel exemple de lucidité. On peut reconnaître les relations fortes, les chocs de personnalités, les relations fusionnelles. Cela n’enlève rien à l’amour qu’on porte aux autres enfants pour qui existe moins de passion. En général, si on a du mal à reconnaître ses préférences, c’est justement parce qu’on a la volonté de ne pas en avoir, ou qu’on en a souffert. Aucun parent ne veut consciemment faire souffrir ses enfants.

Source : http://www.paroledemamans.com/ma-vie-de-maman/psycho-2/preferer-l-un-de-ses-enfants-les-mamans-temoignent

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