Je n’aime pas jouer avec mon enfant.

Faire des galipettes ou une partie de petits chevaux avec son
enfant demande parfois un effort, souligne la psychologue et psychothérapeute Isabelle Filliozat.

Mais cela en vaut la peine, car le jeu est une merveilleuse occasion de tisser des liens. »

Manque de temps, fatigue, lassitude : parfois, nous rechignons à jouer avec notre enfant et culpabilisons.

 

Avouons-le : s’amuser avec des petites voitures ou mimer des combats de chevaliers n’est pas très palpitant en soi, quant aux interminables parties de Monopoly…
- Certains parents adorent les jeux libres des tout-petits (cache-cache, pâte à sel) mais s’ennuient avec ceux, plus codifiés, des grands.
- D’autres, en revanche, se plongent dans d’interminables parties de Risk, mais n’ont aucune envie de faire des galipettes. I

l se peut que leur surmoi, ce juge intérieur au regard froid, les en empêche, ils n’osent pas se “lâcher”. Et d’autres encore détestent tous les jeux. Leurs propres parents n’étaient peut-être pas disponibles pour ça, il leur manque un modèle, et la situation réveille en eux une douleur enfouie.

Les parents ont le droit de ne pas aimer jouer, encore plus d’être fatigués et de refuser de temps à autre. Mais ils peuvent aussi faire un petit effort, ne serait-ce que dix minutes par jour. Le jeu représente une occasion privilégiée de tisser des liens avec un enfant, d’apprendre ce qu’il a vécu dans la journée, surtout s’il n’aime pas le raconter ou manque de mots pour le faire.
Il suffit parfois de jouer aux peluches avec lui pour découvrir que sa maîtresse l’a grondé ou qu’il s’est disputé avec un copain. Le jeu est un espace où l’enfant met en scène ses difficultés, un exutoire, une possibilité pour lui d’organiser son expérience. Pourquoi se priver de cette fenêtre ouverte sur son monde ?
Il permet aussi de découvrir sa personnalité : la façon dont il raisonne, s’il fait preuve de confiance en lui, de patience, d’habileté.

Certes, il peut toujours jouer seul, ce qui développera son autonomie et son imagination ; ou avec ses frères et soeurs, ce qui favorisera sa socialisation. Mais d’un point de vue affectif, rien ne remplace le temps que nous lui consacrons. Et si nous sommes nuls en Lego, tant mieux pour son ego ! »

A lire

Dites-moi à quoi il joue, je vous dirai comment il va, de Sophie Marinopoulos. La psychanalyste propose un véritable guide pratique pour suivre, grâce au jeu, l’évolution de son enfant (Les Liens qui libèrent, 2009).

Source : De Anne Lanchon
http://www.psychologies.com/Famille/Enfants/Epanouissement-de-l-enfant/Articles-et-Dossiers/Je-n-aime-pas-jouer-avec-mon-enfant

Laissez un commentaire