Paolo 3 ans a souvent sa main dans sa culotte

«Pablo, 3 ans, a souvent la main dans la culotte. Même chose pour Alexandre, son grand frère de 7 ans.
C’est normal ? Que dois-je dire ?


Que dois-je faire ?» Géraldine, 34 ans.

Par Gaëlle Renard

Chère Géraldine, si les culottes de vos fils sont en coton bio, je ne vois pas où se situe le problème ! ;-)

Plus sérieusement, nous sommes nombreuses à nous demander comment réagir en pareil cas. La mère de Julien Green, le surprenant un jour en pleine exploration de ce genre, lui aurait déclaré: «Si tu continues, je te la coupe.» A sa décharge, cela se passait en l’an 40 avant F.D. (Françoise Dolto): la pauvre femme ne savait pas que tout était langage, que même les homards avaient des complexes, etc. Toujours est-il que c’est à cette petite phrase que l’écrivain a imputée et son homosexualité, et sa culpabilité en matière de sexe. Quelle responsabilité pour nous les mères! Et on voudrait qu’on se détende!

Parlez-vous psy ?

Communément, les psychologues expliquent (je vous fais un «digest») que la petite enfance est divisée en diverses phases psycho-sexuelles parmi lesquelles la phase orale (lorsque l’enfant porte tout à la bouche) et cette fameuse phase génitale. L’enfant touche alors, et stimule, ses organes génitaux, sans pour autant associer des pensées sexuelles à ses gestes (comprenez qu’il ne pense pas à Dora l’exploratrice en même temps…). Le rôle du parent est alors d’apprendre à l’enfant les règles sociales de base, ainsi que la notion d’intimité. Un psychanaliste vous dirait donc, à juste propos, que vos fils, Géraldine, ne font qu’expérimenter et découvrir leur corps, que vous devez leur dire qu’un tel comportement est normal, mais que les pièces communes de la maison ne sont pas des lieux appropriés pour ce genre d’activité.

Voila pour la théorie

Et pour la pratique? Pas facile pour nous de trouver les mots pour le dire, pauvres névrosées que nous avons toutes, légitimement, le droit d’être! Après «ferme
la bouche pour manger»
, « lave-toi les mains avant de passer à table», «mets tes chaussons s’il te plaît», il faudrait donc ajouter, sur notre table des dix commandements maternels: «Retire ta main de ta culotte, ce n’est pas sale, je ne veux en aucune manière te la couper, mais c’est intime et tu fais ça dans ta chambre.» Mais c’est qu’on n’a pas toujours envie de parler, nous!

D’ailleurs, que nous disaient nos parents quand cela nous arrivait (parce que oui, cela nous arrivait)? Le plus souvent, rien… Ils détournaient le regard, nous les sentions un peu gênés et, malignes comme nous étions, nous comprenions assez vite que ces choses-là ne se faisaient pas… devant le Monde!

So what ?

Alors, me direz-vous, que fait Géraldine avec ses deux «obsédés»? Eh bien, ma Gégé, après vous être assurée qu’il ne s’agit pas d’une gêne physique («Pourquoi tu te touches le zizi? Parce que ça te pique ou parce que c’est agréable?») et vous être assurée que le tripotage de schmilblick ne tient pas de l’infection urinaire, zappez selon votre humeur (et votre état de fatigue) entre le message à caractère socio-éducatif («Ton corps t’appartient, tu as le droit mais, etc.») et l’humour (« Il est toujours là ton zizi? Cool, tu peux le lâcher cinq minutes alors !»). Et profitez-en pour dire la même chose à son père, le monsieur dans le canapé, là. Vous savez, celui qui a, en ce moment même, la main négligemment glissée dans son jogging…

Source : http://www.marieclaire.fr/,question-enfants,200172,52541.asp

Laissez un commentaire