je suis la maman, tu es le papa et c'est bien comme ça

Quand je suis devenue maman, mon chéri est automatiquement
devenu papa.

Chacun dans nos rôles et c’est bien comme cela !

Depuis la première seconde, il regarde sa princesse avec tendresse. C’est lui qui l’a accueillie dans ce monde. Et il raconte l’événement avec précision, fierté et émotion. Encore plus que pour le but décisif en finale de coupe Stanley. Quand mon médecin lui a dit « Viens vite, le bébé arrive! Mets les gants et enfile la blouse! », je l’ai immédiatement perdu à mes côtés. Il a exécuté en vitesse les instructions médicales – on n’attrape pas un bébé comme un ballon de football – en me laissant sur le dos. « Pousse seule, chérie! Débrouille-toi avec le matelas inconfortable et les dernières contractions, bébé me réclame! ». Il a coupé le cordon, lui a donné son premier biberon, a changé la première couche et lui a fait prendre son premier bain. Il a pris toute la place qui lui revenait. C’est son enfant autant que le mien. Je suis la maman, tu es le papa et c’est bien comme cela!

Dès les premiers instants, il était clair qu’il voulait être un papa présent et impliqué.
Et c’est ce qu’il a toujours été. Je lui ai laissé toute la place pour le faire. À sa manière. J’étais là aussi. Je m’occupais d’Adèle à ma façon et lui, à la sienne.
On s’appuyait l’un sur l’autre pour s’épauler dans notre nouvelle aventure, celle d’être les parents d’Adèle. Nous étions tous les deux des débutants, alors nous apprenions ensemble. En même temps.

En sortant de l’hôpital avec notre nouvelle petite reine, je me suis précipitée dans la boutique de vêtements pour enfants pour lui acheter la plus mignonne des petites robes avec collants assortis. J’ai laissé papa et Adèle à leur premier tête à tête.

Comme il était heureux mon chéri de pouvoir s’occuper seul de sa princesse! Il m’a donné un bisou et m’a dit d’en profiter de ma sortie pour prendre une bouchée et de ne pas me presser. La perspective de rester seul avec sa fillette l’enchantait. Parce que bien sûr, nous, les filles, avons parfois tendance à vouloir que les choses soient faites comme nous l’entendons. Ainsi, en ne m’ayant pas dans les pattes, il allait profiter de son après-midi comme il l’entendait.

Trop souvent, les mamans grugent l’espace réservé aux papas en multipliant les conseils, en les assommant de mises en garde et en leur cassant les oreilles avec des
« fais attention à… »,
« n’oublie pas… » ou
« ne fais pas cela comme cela ».
Je me demande si les filles accepteraient de se faire rabâcher constamment les oreilles avec de tels propos. Pourtant, c’est ce que l’on fait avec les gars qui partagent nos vies. Pour notre propre bien-être, nous devrions lâcher prise un peu et les laisser se débrouiller tranquillement. Je suis la maman, tu es le papa et c’est bien comme cela!

En supervisant leurs gestes et en freinant leur créativité, les mamans bousculent l’implication des papas. Peut-être certaines croient-elles en savoir plus que leurs hommes, mais moi, je n’y crois pas. On a chacun des aptitudes différentes envers les enfants. Chacun y va à sa manière, mais l’important, c’est de laisser la chance au papa de prendre sa place. Toute sa place.

J’aimais chanter en berçant Adèle. Il aimait les chatouilles et les mises en scène avec les peluches et poupées. L’heure du bain était un plaisir pour lui, je préférais la crémer et l’habiller. On se complétait bien.

Maintenant, c’est pareil. J’aime aller à l’heure du conte à la bibliothèque, il adore aller au cours de natation. Je jardine avec Adèle et lui l’amène au parc. Je suis la maman, tu es le papa et c’est bien comme cela!

Le lait est dans le frigo, les céréales dans le garde-manger, les couches dans l’armoire et les pyjamas dans le tiroir. Alors, tout va bien! Bien sûr, si le bébé pleure, il pensera à lui donner sa suce. Bien sûr, il lui donnera ses céréales! Non, non, pas besoin de lui indiquer d’en vérifier la température en les sortant du four micro-ondes; il vous a vu le faire dix fois (peut-être vingt!)!

Bien sûr que tout va bien! Bien sûr, il changera sa couche! Bien sûr, il sait de quel côté la placer! Bien sûr qu’il sait que votre poupon aime avoir un petit drap sur lui en dormant! Bien sûr, il lui donnera un bain! Non, il ne l’ébouillantera pas. Bien sûr, il le bercera en lui donnant le biberon. Non, il n’oubliera pas son rot. Vous voyez? Tout va bien!

Et même s’il oubliait quelque chose, même si le biberon coulait, même si la purée de courge était un peu froide, il se débrouillerait, l’Homme! Il se retournerait sur un dix sous pour faire face à la situation. Même si on téléphone chaque heure pour savoir si tout va bien, on ne pourrait rien y changer vraiment. Pour ma part, quand je partais de la maison pour un cours à l’université, un café avec une copine ou un après-midi de magasinage, je vous l’avoue, je ne voulais pas savoir si tout allait bien ou pas. Je pensais à moi, et je le laissais gérer l’entreprise à sa façon. Il savait que faire. Je lui faisais confiance! Les papas savent quoi faire. Il suffit souvent de leur laisser la chance de nous le prouver. À vouloir tout gérer, on finit par ne plus voir ce qu’ils font vraiment!

Il faut aussi avouer que les gars ont la joyeuse propension à prendre tout plus légèrement que nous. « C’est-tu vraiment grave? », me demande souvent l’Homme. Et là, je patine pour lui faire croire que « oui », c’est grave que le chandail de Miss Lulus ne soit pas assorti à ses pantalons. Ou « oui » c’est grave que la montagne de serviettes ne soit pas rangée (elle est pliée, mais — oh malheur! — pas rangée!). Ou « oui » c’est grave que le journal d’hier traîne encore sur la table de la cuisine, que la vaisselle ne soit pas essuyée, les vidanges sorties, le bain lavé ou le lit fait. Je suis passée maître dans l’élaboration des excuses faussement valides. J’ai pris deux minutes entre le coup de balai dans la cuisine, un article à terminer, mes cannellonis qui brunissent au four, le potage dans le malaxeur, le coup de fil à ma copine, le courriel urgent, les positions de yoga, deux rangs de tricot et une gorgée de café refroidi et j’ai réfléchi. Est-ce vraiment grave?

Depuis, j’ai appris à ne plus paniquer. Quand j’entends les cascades de rires de ma Minouette quand elle s’amuse avec son papa, quand je la vois avec lui faire des grimaces de monstres dans le miroir, quand je l’entends lui dire « Beaux câlins, papa! Je t’aime! » ou quand je la vois, surexcitée d’entendre grincer la serrure de la porte quand il entre après le boulot et qu’elle se précipite en criant « Paaaaaaaaaaapa! Je suis contente de te voir! », je sais pertinemment que j’ai eu raison de leur laisser ce petit coin bien à eux. Même si elle a un grain de céréales dans les cheveux, la bouche barbouillée, un bas rouge et un bas bleu, même si sa lulu n’est pas centrée sur son coco… Son sourire et ses yeux qui brillent valent plus que toutes ces peccadilles! Je sais que j’ai eu raison de leur laisser leurs petits rituels, leurs jeux et leurs moments complices! Parce que si elle est heureuse, ma petite Adèle, c’est grâce à lui, son « papa d’amoouuur ». Grâce à lui autant qu’à moi! Parce que je suis la maman, tu es le papa et c’est bien comme cela !

Source : http://www.mamanpourlavie.com/couple-sexualite/sexualite-intimite/423-je-suis-la-maman-tu-es-le-papa-et-cest-bien-comme-cela.thtml

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